Passer à l'échelle sans massifier la discussion
Le protocole conserve la cellule délibérative comme unité de base. Il n'y a jamais de meeting géant : seulement une succession de tours courts.
Le protocole DIRA (Délibération Itérative par Représentation Aléatoire) organise une chaîne de petits groupes reliés par tirage au sort. La taille des discussions reste petite ; la portée du dispositif, elle, est exponentielle.
D'après l'article d'Etienne Lebarillier, disponible en téléchargement en bas de page.
Plutôt que de réunir tout le monde dans une assemblée géante (impossible) ou de demander à 100 personnes seulement (peu légitime), on organise plusieurs tours successifs de petits groupes. À chaque tour, un membre est tiré au sort pour porter la synthèse de son groupe vers le tour suivant.
Une simple formule : si chaque groupe compte k personnes et qu'il y a R tours, le protocole peut couvrir jusqu'à kR citoyens, sans jamais qu'aucun débatte dans un groupe de plus de k.
Choisissez la taille des petits groupes et la population à atteindre, la pyramide se redessine, et le nombre de tours nécessaires apparaît. Le protocole ne grossit jamais les groupes : il empile des tours.
Cette pyramide représente le cas idéal de couverture décrit dans l'article : tous les groupes sont pleins, toutes les transmissions ont lieu. En pratique, l'attrition et les pertes d'information entre tours sont des paramètres essentiels.
Le bénéfice n'est pas seulement quantitatif. Il tient à la dissociation entre la taille du public couvert et la taille de l'unité délibérative locale.
Le protocole conserve la cellule délibérative comme unité de base. Il n'y a jamais de meeting géant : seulement une succession de tours courts.
En petit groupe, les participants ne sont pas seulement invités à exprimer une préférence : ils écoutent, justifient, reformulent, parfois révisent leur jugement.
Le tirage au sort entre les tours dilue les hiérarchies internes. Les groupes les plus homogènes ou militants ne restent pas durablement entre eux.
Aucun groupe ne détient seul l'ensemble des informations pertinentes. La circulation structurée des expériences et des arguments enrichit le jugement collectif.
Cette page vulgarise un texte plus long, qui développe la formalisation, le cadre théorique (mini-publics, systèmes délibératifs, tirage au sort, démocratie pyramidale) et les conditions institutionnelles de réussite du protocole.
« Un protocole institutionnel à tours successifs fondé sur des groupes de délibération de taille restreinte, composés par tirage au sort, ne remplace ni l'élection, ni le référendum, ni l'espace public ordinaire ; il peut en revanche constituer une infrastructure intermédiaire plausible pour produire, transmettre et mettre en forme du jugement public informé à plus grande échelle. »